Ô Jardin d\'Eden

Ô Jardin d\'Eden

La matelote d'anguilles

Dans le marais poitevin, les riverains pêchaient presque tous l'anguille, avant quelle ne se raréfie à cause de la pèche intensive à la pibale .
En effet, jusqu'aux années 1970, appelées « plat du pauvre » les pibales  ou civelles étaient en surpopulation, n'avaient aucune valeur financière, et étaient consommées d'octobre à avril par tous, données même aux animaux de basse-cour. L'anguille était alors considérée comme nuisible.
Depuis ces années là, en particulier avec une accélération folle depuis les années 1990, la demande n'a cessé d'augmenter : espagnols et japonais raffolent des civelles et la Chine en recherche pour l'élevage d'anguilles.
La demande a fait exploser les prix ( 150 € le kilo et plus), engendrant la surexploitation, le braconnage massif de tous ceux en quête d'un enrichissement facile, souvent encouragé ...
Mais
la ressource, en diminution constante depuis 20 ans a brutalement plongé ces dernières années . Les avis, bien sur, s'opposent : surexploitation des pêcheurs professionnels, braconnage (estimé par certains au même niveau que la pêche professionnelle), causes naturelles (variations des courants océaniques, qualité des eaux estuariennes)...
Il faut savoir que l'enjeu est d'importance : si l'on sait élever les civelles pour en faire des anguilles (qui peuvent alors atteindre en élevage 3,5 kg), on ne sait toujours pas faire reproduire des anguilles en captivité pour donner naissance aux civelles . S'il n'y a plus de civelles venant des Sargasses il n'y aura plus d'anguilles  dans nos marais...

Une spécificité du Marais Poitevin, c'est parait-il la plus étonnante des techniques de pêche à l'anguille : la "vermée". La "vermée" est un appât que l'on façonne pour capturer les anguilles au bout d'une ligne.On enfile des vers de terre sur un brin de coton et on crée une grosse pelote en les enroulant autour de la main.
Accrochée à la ligne, la pelote est plongée au fond de l'eau sans hameçon. C'est la gourmandise des anguilles et la dextérité du pêcheur qui font le reste.
Cette pêche typique se pratique à la tombée de la nuit. Une véritable rencontre avec le Marais et toutes ses richesses ... pour tous ceux qui ne craignent pas l'obscurité...



Ingrédients pour 4 personnes :

-2 belles anguilles (1,2 kg environ)
-5 cuillères à soupe de farine
-1 verre d'alcool d'eau de vie (gnôle)
-400 g de petits oignons
-80 cl de bon vin rouge de pays
-sel et poivre
-beurre, huile

Préparation :
Dépouiller les anguilles. Les couper en tronçons et les rouler dans la farine.
Faire revenir les morceaux dans une poêle et les flamber avec la "gnôle".
Enlever les morceaux de la poêle, et passer les petits oignons entiers préalablement épluchés.
Mouiller avec le vin rouge, faire réduire la sauce.
Remettre les morceaux d'anguilles et laisser mijoter 15 mn.
Servir bien chaud.
Mon truc : je fais cuire la veille, c'est encore meilleur réchauffé.

Vin pour accompagner ce plat :
Un Muscadet SEVRE-ET-MAINE, un Muscadet COTEAUX DE LA LOIRE ou encore un Alsace RIESLING
à consommer avec modération, l'abus d'alcool étant dangereux pour la santé




28/09/2008
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