Ô Jardin d\'Eden

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Marais Poitevin : Un peu d'histoire


C'est là que je suis née, en Venise Verte , et c'est tout naturellement vers elle que je suis revenue après mes périples au bout du monde.
Le vert est ma couleur préférée ... on se demande bien pourquoi !


                Elle porte si bien son nom de Venise verte !

Au départ, le marais poitevin était une zone recouverte par la mer (le golfe des Pictons). Progressivement, cette dernière s'est retirée, laissant derrière elle une zone marécageuse qui a continué de se combler, naturellement et de par l'action des hommes. Des traces d'occupation pré- et proto-historique ont été identifiées sur ses anciennes rives ainsi que sur les anciennes îles aujourd'hui incluses dans les terres.

Les marais mouillés (dont la partie la plus orientale est qualifiée de Venise Verte) couvrent pour leur part une superficie d'environ 29 000 hectares, tandis que des marais qualifiés d'intermédiaires (ce qui signifie qu'ils sont imparfaitement desséchés) représentent environ 19 000 hectares.


Promenade dans les conches

À partir du VIIème , de grands seigneurs féodaux ont procédé à des donations de parties du marais au bénéfice des abbayes alentours (les plus connues sont celles de Maillezais, Nieul-sur-l'Autize, l'Absie, Saint-Maixent et Saint-Michel-en-l'Herm) ; des travaux d'aménagement ont ainsi été lancés, dans le but d'exploiter de manière plus organisée la productivité de ces milieux (cultures, élevage, saliculture, pêcheries...). Les premiers endiguements de marais desséchés ont été réalisés à cette époque, de même qu'y ont été creusés les premiers grands canaux évacuateurs, comme le canal des Cinq-Abbés, au nom évocateur de ce contexte.

La région ayant été le cadre de nombreux affrontements pendant les guerres de religions, beaucoup de destructions ont été opérées à l'époque, doublées d'un manque d'entretien des ouvrages de dessèchement.

Les travaux d'assèchement sont repris et intensifiés sous Henri IV, qui, dans une perspective de reconstruction, accorde divers privilèges à des investisseurs  huguenots  originaires des Pays-Bas. Nommé Grand maître des digues du royaume par le roi, l'ingénieur Flamand Humphrey Bradley n'intervient cependant pas dans le Marais poitevin. Le Duc de Roannez, gouverneur du Poitou à partir de 1651, cherche des financements pour mener les travaux à terme. De grands aristocrates de la Cour ne tardent pas à entrevoir les profits qui peuvent être tirés de ces assèchements, malgré les difficultés nombreuses qu'ils rencontrent dans leur réalisation.
Napoléon Ier prend en 1808 un décret d'aménagement de la Sèvre Niortaise, pour en conforter la vocation navigable. Cette décision constitue le premier acte d'une campagne de grands travaux qui vont, entre le début du XIXeme  siècle et le début du XXème siècle, donner au marais mouillé l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui. On peut considérer également ce décret, qui place la police de la navigation et de l'eau du fleuve domanial sous l'unique responsabilité de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées des Deux-Sèvres, donne un cadre de gestion conforme à la logique hydrographique du bassin versant de la Sèvre Niortaise. À l'inverse, la création sous la Révolution française des départements divise artificiellement cet espace entre la Vendée, la Charente-Maritime et les Deux-Sèvres.

Sous la Restauration, une ordonnance royale de Louis Philippe structure les marais mouillés en syndicats départementaux de propriétaires. Ces syndicats se fédèrent par la suite en une Union des marais mouillés, dont la vocation est d'assurer une cohérence d'ensemble sur ce territoire. C'est dans cette période (à partir des années 1835 et jusque vers 1850) que sont percés ou aménagés les canaux évacuateurs de crue et les grandes « rigoles » comme celle de La Garette.

De grands travaux hydro-agricoles ont été réalisés dans les années 1960 (remembrements, création de nouveaux évacuateurs, recalibrage de canaux), puis dans les années 1980 (développement du drainage agricole par drains enterrés), dans une perspective d'assèchement généralisé et d'intensification de la production agricole, avec une spécialisation de plus en plus marquée des exploitations dans les cultures céréalières.

Du coup, une polémique est née de la sur-exploitation des richesses hydrauliques du secteur. L'assèchement forcé du marais poitevin a provoqué un recul de la biodiversité, notamment pour une très grande quantité d'oiseaux (plus de 250 espèces répertoriées). Le déclassement du Parc naturel régional en 1997 a provoqué une remise en question chez tous les acteurs du lieu qui doivent œuvrer en commun pour ne pas détruire une espace naturel très particulier et fragile.




10/10/2008
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